J’ai toujours été révolté, depuis mon plus jeune âge, heureusement ou malheureusement pour moi ! Ce qui m’a poussé à prendre des décisions radicales et à très tôt faire des choix de vie. Côté formation, j’avais commencé une école de journalisme plutôt côtée à Paris (CELSA), mais vu l’ambiance élitiste de connards, j’ai pas fait longtemps. J’ai ensuite fait la fac, d’abord AES puis une maîtrise de sociologie. la rupture avec la société technicienne et financière s’est faite à ce moment. J’avais une vingtaine d’année. Depuis j’ai passé deux CAP : celui de projectionniste et de celui de plombier. Coté boulot, j’en ai fait pas mal : livreur de pizzas, projectionniste de cinéma, surveillant d’internat en lycée professionnel, pigiste, intermitent du spectacle (musicien et technicien vidéo), plombier, éducateur. Je suis quelqu’un de curieux, j’aime voyager à travers les cloisons socio-professionnelles, et elles sont nombreuses ! Avec le temps, je ne me calme pas, au contraire. je suis toujours étonné de la facilité avec laquelle les grands de ce monde (dirigeants politiques et présidents-directeurs-généraux) se moquent des gens grâce à qui ils gagnent de l’argent. Ma vision du monde est simple, peut-être un peu pessimiste, diront certains : nous sommes dans une société fascisante dissimulée derrière les paillettes du spectacle permanent, qui tend à programmer de manière mécanique l’existence humaine. La seule possibilité de réaction est politique : elle passe par la réappropriation du territoire et du quotidien à travers des actions simples comme le dialogue et la non consommation.
Mon expérience de surveillant de prison