Oui, je m’en doutais : quand samedi soir, France Intox ne passait presque plus d’infos sur le gigantesque succès des manifs anti-précarité du 18 mars (1 500 000 manifestants), j’ai soupçonné quelque chose. 10 minutes sur une manif de cent prostituées contre les lois Sarkozy "sur la sécurité intérieure", j’avais de gros doutes : non pas ça ! Celà me rappellait trop le "black-out" des médias officiels après l’assassinat de Malik Oussékine, lors de la soirée de la manif gigantesque qui réunit un million et demi d’étudiants dans les rue de Paris, en 1986 ...
Eh bien si, ils ont osés ! Lors d’une charge particulièrement violente, samedi soir, les flics de Sarkozy ont sauvagement matraqués et piétinés un salarié de l’opérateur de téléphonie orange, syndiqué à SUD-PTT, agé de 39 ans. Il est actuellement entre la vie et la mort au service de réanimation neurochirurgical de l’hôpital Henri Mondor, à Créteil, où il a été transféré dimanche, après avoir été admis initialement samedi à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris.(Source : Reuters)

- Un manifestant inconscient
Photo trouvée sur Indymedia paris. il s’agit en fait d’un court extrait d’une vidéo de la TV Suisse, qui parles le 19 mars "d’un manifestant ayant fait un malaise, hors de danger, mais toujours hospitalisé".
Indymedia Paris a également publié un premier récit du drame le dimanche 19 à 16h31 : "non assistance à persone en danger".
Le témoignage entendu sur France-Info aujourd’hui était terrible, dans sa première version. La seconde, plus édulcorée, ne mentionnait plus le visage "massacré" du manifestant ... Voici le communiqué de SUD-PTT :
Lors de la manifestation du 18 mars pour le retrait du CPE, à Paris, un adhérent de SUD PTT, Cyril, a été violemment piétiné par une charge des forces de l’ordre, place de la Nation. Hospitalisé samedi soir, nous venons d’apprendre qu’il est dans le coma. Son état est jugé très grave et nécessite des soins intensifs (intubation et ventilation).
Dans cette affaire, l’attitude des forces de l’ordre est particulièrement scandaleuse. Après avoir fait preuve de violences importantes lors de la manifestation, les forces de l’ordre ont en effet refusé d’appeler les premiers secours alors que Cyril gisait au sol dans un état manifestement grave. Ce sont des manifestants qui ont dû eux-mêmes chercher les secours.
Pour SUD PTT, toute la lumière doit être faite sur l’attitude des forces de l’ordre et de leur commanditaire, le gouvernement. SUD PTT dénonce avec force les violences policières qui se sont déroulées une nouvelle fois lors de l’immense manifestation contre le CPE. Plus que jamais le CPE doit être retiré, le gouvernement doit céder !
L’ensemble de la fédération SUD PTT est profondément choquée et tient à apporter tout son soutien à Cyril ainsi qu’à sa famille et à ses proches.
Fait le 20 mars 2006 à 15h30
En lien ici, les premières dépêches d’agences de presse.
Dès demain mardi, la fédération SUD-PTT prendra des initiatives et nous donnerons des informations régulières sur notre site.
Voici le témoignage qu’a donné Bernard ALLAIRE, du service d’ordre de Sud-PTT, à l’AFP : "Il était assis place de la Nation quand les forces de l’ordre ont chargé, et les gardes-mobiles l’ont piétiné, puis l’ont laissé là, ensanglanté, sans appeler les secours."
Sandra Demarcq, membre du conseil fédéral de Sud-PTT, a également assisté aux faits dans le quartier de la Nation samedi soir (source : AP). « On a vu des heurts entre policiers et, d’un coup, il y a eu une énorme charge sur le terre-plein central de la place de la Nation. Ils sont partis et là, on a vu quelqu’un à terre », a-t-elle raconté au micro d’Europe-1. « On a vu un adhérent de Sud-PTT à terre, le visage éclaté, des ballons à la place des yeux, son nez en sang. Il était sur le côté, il ne bougeait pratiquement pas, il avait du mal à parler », a ajouté la responsable syndicale. « Il y avait des gardes mobiles [...] Ils n’ont pas bougé. C’est deux jeunes étudiantes qui ont été chercher les secours et les pompiers" [...]".
Un photographe indépendant, Bruno Stevens, a également vu la bavure, et est prêt à en témoigner : "Il était 20h50, sur le terre-plein central au pied de la statue du Triomphe de la République. Depuis une heure, CRS et gendarmes mobiles ont reçu l’ordre d’évacuer la place. Ils chargent avec boucliers et casques, sous une pluie de projectiles. "J’ai vu l’homme courir, poursuivi par le groupe de CRS, explique Bruno Stevens. Au bout d’une dizaine de mètres, les forces de l’ordre l’ont rattrapé. Immédiatement, ils ont commencé à le frapper avec leurs matraques de manière extrêmement violente. Les autres sont arrivés. Ils étaient une quinzaine autour de lui. A un moment donné, j’ai clairement vu qu’il avait reçu un coup en pleine face au niveau de l’œil droit. Il s’est alors effondré comme une masse. Les CRS ont continué à le frapper pendant trente secondes. Ils l’ont ensuite laissé sur place, comme un chien." (Source : témoignage de Bruno Stevens, recueilli par RTL)
Ainsi donc, ils ont osés ! Les salauds ... Samedi soir, j’avais dejà peur qu’il soit arrivé ce genre de chose, rien qu’en écoutant France-Intox ... Mais dimanche, je finissais par penser (un peu surpris tout de même par ces reportages minitieux sur le baillement de la moule marinière hypocondriaque et ses conséquences sur les grandes marées d’équinoxes ...), qu’il n’était rien arrivé de dramatique, et qu’ils étaient juste estomaqués par le succès des manifs ... pensez-donc ! Seulement 48 heures de black-out médiatique total !!! A se demander quand l’information serait sortie, ou si même on en aurait entendu parler, si le gars n’avait pas été syndiqué ...
Et ce gouvernement de chacals a même poussé l’ignominie jusqu’à accuser la victime de cette bavure "de s’être blessé tout seul", et "d’être complètement bourré". Sur le premier point, tous les témoignages sont concordants : Cyril a bien été matraqué et piétiné par les CRS. Sur le second, voici un témoignage : "selon P.V, un prof de philo d’un grand lycée parisien qui a passé toute la manif en compagnie de Cyril, ce dernier ne s’est jamais bourré la gueule, ou alors il eut fallut qu’il s’enivre en 1/4 d’heure, le temps pendant lequel P.V l’a perdu de vue avant de le retrouver à moitié mort. Ce mépris doublé de cette tentative de dénigrement d’un paisible syndicaliste est bien à l’image de ce gouvernement composé d’aristo à la solde de la bourgeoisie.". (Source : Indymedia Paris).
Si la police n’avait pas une nouvelle bavure à se reprocher, pourquoi le gouvernement tenterait-il par tout les moyens de salir la victime ? D’expérience, nous savons ce que celà cache : "Malik Oussékine était asthmatique", "les jeunes de Clichy ont couru s’électrocuter sans être pourchassés par la police", et "Cyril Ferez était ivre mort, mais parfaitement conscient" ... A chaque bavure, c’est pareil : le service "vérité officielle" présente des faits tellements peu crédibles que même une buse trépanée aurait des doutes sérieux !!!
De deux choses l’une : soit le taux d’alcoolémie officiel est faux, et les menteurs doivent répondre de leurs mensonges, soit il est vrai, et les ordures qui ont violé le secret médical et porté gravement atteinte à l’honneur de Cyril doivent répondre de leur forfaiture. Devant la Justice. Pas celle aux ordres. Celle qui est rendue "au nom du peuple français".
Citoyens ! Citoyennes ! Refusons le renouvellement de leurs CDD à ces ministres réactionnaires ! Imposons leur licenciement : il est motivé ! Et refusons la précarité qu’ils veulent imposer à tous les salariés ! S’il faut que nous soyons deux millions dans la rue pour faire entendre raison à ce gouvernement arrogant, dangereux, et inefficace, eh bien : nous serons deux millions !
Et le gang des barbares de Sarkozy n’y fera pas la loi : Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.




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